EPFL Magazine N° 30

ÉDITO

Voir plus loin


POINT FORT

Start-ups: les secrets de la croissance

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«Une croissance rapide repose sur des personnalités»


Un écosystème pour soutenir l’entrepreneuriat


Envie de devenir entrepreneur?


50 ANS DE L’EPFL

«A l’EPFL, vous pouvez être vous-même: il y a tellement de diversité et de cultures»


ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Les étudiants de l’EPFL repoussent les limites du béton


Une peau artificielle pour la réadaptation et la réalité virtuelle


Cinq mille «yeux» vont scruter l’expansion de l’Univers


Avec Giotto l’intelligence artificielle s’exprime en trois dimensions


INTERVIEW

Katie Bouman, the scientist who reveals the invisible

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VU ET ENTENDU SUR LE CAMPUS

Insolite


CAMPUS

Claudia R. Binder est la nouvelle doyenne de la faculté ENAC


Un bateau solaire pour aller plus vite et plus loin avec moins d’énergie


Dominique Pioletti confronte ses étudiants aux défis du terrain


Les lauréats des sections


A network to support sustainability integration


Un prototype de mur végétal au SKIL


Join the EPFL data champions community


Les mathématiques, une question de logique


La RTS et le CdH animent des émissions de radio sur l’ère numérique


La photographe photographiée

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Detecting communities in random graphs


Futur ou voiture volante, il faut choisir


A bike trip to teach about solar energy and science


Emplois


LECTURE

La sélection des libraires


CULTURE

«Le cœur ne sait plus»

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La Grange de Dorigny offre un programme complet


Infinity Room 2: 50 années de l’EPFL en huit installations


Midi musical dans l’esprit de Noël


ÉVÉNEMENTS

Les événements à venir


Noël des enfants du personnel de l'EPFL


CAMPUS

BRÈVE

 

MOBILITÉ

 

La recharge électrique devient payante

 

Face au rapide développement de la mobilité électrique et à la forte demande interne, l’EPFL a octroyé une concession à Greenmotion, son partenaire historique depuis 2009, pour déployer et opérer un réseau de 24 bornes de recharge, dont 18 réservées exclusivement aux collaborateurs et 6 aux visiteurs.

Pour ce déploiement, l’EPFL a décidé d’introduire le paiement de l’électricité au prix de recharge moyen en Suisse de 45 cts/kWh afin de financer le développement et l’exploitation du réseau. Cette nouvelle tarification s’applique depuis le 4 novembre.

En contrepartie, l’EPFL offrira à tous ses collaborateurs un abonnement EVPASS (59 fr./an), après inscription sur MyCamipro. La carte Camipro pourra ainsi être utilisée comme moyen d’authentification sur tout le réseau EVPASS de Suisse (1300 bornes).

Rappelons aussi que tous les utilisateurs des bornes de recharge EPFL doivent être munis d’une autorisation de stationnement pour places vertes ou jaunes.

 

Durabilité EPFL

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OPINION

 

 

Emmanuel Cledat, doctorant au Laboratoire de topométrie
Pierrick Allorant, ingénieur topographe de l’INSA de Strasbourg

 

Futur ou voiture volante, il faut choisir

Notre société a tendance à confondre progrès avec complexité et surenchère technologique. En effet, l’ère industrielle dont nous sommes les enfants s’est caractérisée par des évolutions techniques d’une rapidité foudroyante, qui ont permis d’éradiquer la misère dans nos sociétés occidentales et, sur la lancée, de fournir à tout un chacun un confort de vie sans précédent.

Aujourd’hui pourtant, nous nous rendons compte que la notion de progrès en tant qu’évolution technologique doit être remise en cause.

Ce phénomène peut être illustré par le domaine de la mobilité avec par exemple le rêve de la voiture volante (voie high-tech). Est-elle réellement un progrès, quand la voiture individuelle de masse est déjà actuellement incompatible avec les impératifs écologiques (CO2, gaz nocifs, microparticules, résidus de gommes de pneu, nuisance pour la faune, etc.)? Doit-on considérer la voiture volante comme un progrès quand l’Europe est déjà en situation de stress pétrolier avec 15% de moins d’approvisionnement en pétrole par rapport à 2006? Est-ce un progrès quand on considère que la nuisance sonore générée serait encore supérieure à celle des voitures?

 

Le toujours plus n’est plus progrès

La propulsion électrique de la voiture volante peut paraître plus propre que les moteurs à explosion des voitures traditionnelles, mais cela reporte le problème sur le mode de production de l’électricité qui aujourd’hui repose encore très majoritairement (80% à l’échelle mondiale) sur le charbon, le gaz ou le pétrole. Même si ce problème était résolu, il reste celui de la production de la batterie elle-même, qui nécessite des ressources limitées dont l’extraction est excessivement polluante: lithium, nickel, cobalt, manganèse, etc. Batterie dont la capacité de stockage est dix fois moindre que l’essence (200-300Wh/kg pour une batterie contre 2000-4000Wh/kg pour l’essence). Les voitures électriques actuelles présentent déjà des limites évidentes d’autonomie, et on ne leur demande même pas de décoller.

A l’inverse, le vélo (éventuellement avec assistance électrique, voie low-tech) est-il une régression quand il permet de remplacer la voiture sur nombre de trajets? Est-il mauvais de pédaler au lieu de rester dans sa voiture quand on sait que notre corps et notre mental sont faits pour l’effort physique? Est-ce une régression que de transporter les 70kg d’une personne sur 10 à 25kg de vélo plutôt que dans 1500kg voir 2500kg de voiture?

A l’évidence, l’évolution technologique du toujours plus (plus lourd, plus rapide, plus confortable, plus énergivore, plus individuel) n’est plus un progrès, car elle est insoutenable dans le monde de raréfaction énergétique et de stress climatique vers lequel nous allons, de gré ou de force.

La question essentielle est: vers où pouvons et voulons-nous aller? Une fois seulement que nous aurons accepté les limites de notre environnement, et défini une vision de ce que nous voulons faire pour rendre le futur plus désirable, alors nous pourrons discerner sainement ce qui est un progrès et ce qui n’en est pas un.

C’est le devoir de tout citoyen de s’informer sur ce qui sera possible à l’avenir et de réfléchir à une société qui gérera harmonieusement les contraintes physiques et le bonheur de ses membres. Cette nécessité est plus pressante encore pour les ingénieurs et scientifiques, car ce sont eux qui, au premier chef, devront développer les évolutions techniques dans un sens conforme à l’intérêt commun.