EPFL Magazine N° 30

ÉDITO

Voir plus loin


POINT FORT

Start-ups: les secrets de la croissance

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«Une croissance rapide repose sur des personnalités»


Un écosystème pour soutenir l’entrepreneuriat


Envie de devenir entrepreneur?


50 ANS DE L’EPFL

«A l’EPFL, vous pouvez être vous-même: il y a tellement de diversité et de cultures»


ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Les étudiants de l’EPFL repoussent les limites du béton


Une peau artificielle pour la réadaptation et la réalité virtuelle


Cinq mille «yeux» vont scruter l’expansion de l’Univers


Avec Giotto l’intelligence artificielle s’exprime en trois dimensions


INTERVIEW

Katie Bouman, the scientist who reveals the invisible

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VU ET ENTENDU SUR LE CAMPUS

Insolite


CAMPUS

Claudia R. Binder est la nouvelle doyenne de la faculté ENAC


Un bateau solaire pour aller plus vite et plus loin avec moins d’énergie


Dominique Pioletti confronte ses étudiants aux défis du terrain


Les lauréats des sections


A network to support sustainability integration


Un prototype de mur végétal au SKIL


Join the EPFL data champions community


Les mathématiques, une question de logique


La RTS et le CdH animent des émissions de radio sur l’ère numérique


La photographe photographiée

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Detecting communities in random graphs


Futur ou voiture volante, il faut choisir


A bike trip to teach about solar energy and science


Emplois


LECTURE

La sélection des libraires


CULTURE

«Le cœur ne sait plus»

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La Grange de Dorigny offre un programme complet


Infinity Room 2: 50 années de l’EPFL en huit installations


Midi musical dans l’esprit de Noël


ÉVÉNEMENTS

Les événements à venir


Noël des enfants du personnel de l'EPFL


CAMPUS

PRIX CREDIT SUISSE

 

Dominique Pioletti confronte ses étudiants aux défis du terrain

Le professeur associé à la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur a remporté le «Credit Suisse Award for Best Teaching 2019».

La première fois que Dominique Pioletti s’est rendu à l’EPFL, il avait trois ans. Il accompagnait son père, chauffeur poids lourd, sur le chantier du campus actuel. Depuis, ce fils d’immigré italien et de mère suisse, professeur de biomécanique, s’y rend tous les jours. Quand il fait beau, au volant de sa Fiat 500 rouge des années 60. Une voiture dont il a longtemps rêvé avant qu’elle ne soit parquée dans son garage. «Je ne suis jamais sûr de redémarrer, c’est une miniaventure à chaque fois.»

La prise de risques constitue un des carburants de ce physicien de formation qui a débuté ses études à l’EPFL en 1987. «La pression me donne de l’énergie. » C’est pourquoi l’enseignement lui plaît tant. «Les étudiants sont exigeants et le retour est immédiat, en tant que chercheur cela permet de garder les pieds sur terre.» Fortement impliqué dans l’éducation, le professeur a décidé l’année dernière de repenser son cours Master sur la biomécanique du système musculo-squelettique. Son objectif? Offrir aux étudiants l’opportunité de travailler sur des problèmes cliniques réels rencontrés par des chirurgiens dans leur pratique. Cette approche inédite par projet, la mise en place de travaux pratiques novateurs et la qualité générale de son enseignement valent aujourd’hui à Dominique Pioletti le Credit Suisse Award for Best Teaching 2019.

 

Mobiliser le savoir

Amener des chirurgiens de cliniques ou hôpitaux de Lausanne, Genève, Berne ou Zurich à collaborer avec de futurs ingénieurs n’était pas aisé. Mais au fil de son parcours, Dominique Pioletti s’est constitué un joli réseau dans le monde médical. Un domaine qui l’a toujours attiré, puisque, au moment de choisir sa voie, il a hésité entre ingénieur et médecin. Le contact avec les patients n’étant pas vraiment sa tasse de thé, il a choisi la première option, mais l’envie «d’apporter des solutions pour soigner les gens» ne l’a jamais quitté. D’ailleurs, l’ingénieur «baigne dans le monde médical» depuis sa thèse sur le comportement mécanique des tissus des ligaments croisés du genou. Ligaments qu’il s’est déchirés deux fois avant son doctorat, la faute au football et au ski.

Pour son cours Master, il a donc décidé de mettre au profit des étudiants son expérience interdisciplinaire. Les chirurgiens qui ont accepté de participer au projet ont soumis des problèmes cliniques concrets sur lesquels les étudiants ont dû plancher durant 14 semaines. Ceci en groupe de 4-5, le cours réunissant des personnes issues de génie mécanique, science et ingénierie du vivant, matériaux et microtechnique. «Ces projets les préparent à la vie professionnelle, car ils doivent appliquer leurs connaissances en prenant en compte les contraintes du terrain. Et interagir avec des personnes issues de différents domaines.

 

Sortir de sa zone de confort

Permettre aux étudiants de mobiliser leur savoir théorique est primordial pour le directeur du Laboratoire de biomécanique en orthopédie. C’est pourquoi, depuis deux ans, il a aussi remodelé son cours Bachelor, «Méthodes expérimentales en biomécanique», dédié aux étudiants de génie mécanique. Durant le semestre, ces derniers doivent plancher sur six questions ouvertes émanant des projets de son laboratoire. Par exemple? Quels tests biomécaniques suggéreriez-vous à votre collègue chirurgien pour un tendon réalisé en tissu synthétique? Après une rapide introduction théorique, les étudiants disposent de six heures par question pour élaborer en groupe de deux un protocole expérimental et tirer des conclusions basées sur leurs expériences. «Ils apprennent ainsi à tenir un cahier de laboratoire et se confrontent à la démarche scientifique. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais le processus.»

Ces nouvelles approches de cours ont demandé à Dominique Pioletti de sortir de sa zone de confort. Mais l’adepte de Fiat 500 des sixties apprécie les chemins jalonnés d’incertitudes.

 

Laureline Duvillard, DAF

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