EPFL Magazine N° 23

ÉDITO

Les universités, creuset idéal d’un monde durable / Universities are a hotbed of sustainable living


CAMPUS RESPONSABLE

Les universités prennent leurs responsabilités

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Quel que soit le chemin, chaque pas compte


«Je ne me suis jamais sentie discriminée»


ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Produire plus d’énergie solaire en hiver grâce à la neige

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Chimiothérapie: les tumeurs contre-attaquent


Des bateaux de croisière qui consomment moins d’énergie


Un robot reproduit la démarche d’un animal fossilisé


INTERVIEW

Anne Mellano, actrice de la mobilité de demain

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VU ET ENTENDU SUR LE CAMPUS

A l’ancienne

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CAMPUS

Nomination de professeurs à l’EPFL

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«Aujourd’hui, le Smart Living Lab a une réelle opportunité d’impact international»


L’EPFL dépoussière les travaux pratiques


CAMPUS

En quête de talents pour l’alimentation de demain

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Une deuxième vie pour les anciennes tenues de pompier


Pour veiller à la santé des employés


Tame scientific information and scholarly communication


Venez découvrir l’intérieur de votre tête


Les start-ups de l’EPFL ont levé 217 millions de francs en 2018


Les jeunes pousses de l’EPFL soutenues par Venture Kick cartonnent


Comment rendre une épicerie plus efficace ?


Des entrepreneurs-étudiants de l’EPFL se distinguent à Zurich


Cinq premiers projets sélectionnés


Act for Change Food: 1200 participants et des résultats concrets


La nature à l’équilibre


Docteur Gab’s: le succès à la pression


LECTURE

La sélection des libraires

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CULTURE

Thomas Dutronc, Oumou Sangaré et Jacob Banks au prochain Cully Jazz Festival

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ArtLab symposium will combine culture, computation and creativity


Festival Ludesco 2019


L’Entre-monde


AGENDA

Les événements à venir


ÉVÉNEMENTS

Les points forts des 50 ans de l’EPFL

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ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

SANTÉ


Chimiothérapie:
les tumeurs contre-attaquent

Des chercheurs ont découvert que les tumeurs mammaires traitées par chimiothérapie produisent de petites vésicules qui pourraient les aider à se propager à d’autres organes. Ce qui expliquerait pourquoi des métastases peuvent réapparaître après le traitement.

Un projet du Laboratoire de Michele De Palma

 

Des cellules endothéliales (en bleu/gris) internalisant des exosomes (en rouge) sécrétés par des tumeurs traitées par chimiothérapie. © C. Cianciaruso/I. Keklikoglou

Certaines patientes atteintes de cancer du sein reçoivent une chimiothérapie préalablement à l’ablation chirurgicale de la tumeur. Cette approche thérapeutique dite «néoadjuvante» contribue à réduire le volume tumoral afin de faciliter une chirurgie conservatrice du sein et peut même éradiquer la tumeur, ne laissant au chirurgien que très peu de cellules cancéreuses à retirer, voire aucune. Dans de tels cas, les patientes ont de grandes chances d’être guéries à vie de leur cancer après la chirurgie.
Cependant, toutes les tumeurs ne diminuent pas sous chimiothérapie. Si la tumeur résiste au traitement, le risque d’apparition de métastases peut être plus élevé. Autrement dit, la tumeur récidivera dans d’autres organes. Ce phénomène pourrait être dû à des cellules cancéreuses qui résistent à la chimiothérapie et migrent vers d’autres organes pendant le traitement de la tumeur primaire.

Des chercheurs de l’EPFL ont apporté un nouvel éclairage sur ce processus. Travaillant sur des modèles de tumeurs expérimentaux, les chercheurs ont découvert que deux agents chimiothérapeutiques fréquemment utilisés, le paclitaxel et la doxorubicine, provoquent la sécrétion, par les tumeurs mammaires, de petites vésicules appelées exosomes. Sous chimiothérapie, les exosomes contiennent une protéine, l’annexine-A6, qui n’est pas présente dans les exosomes sécrétés par les tumeurs non traitées. «Il semble que le chargement de l’annexine-A6 dans les exosomes soit significativement accru en réaction à la chimiothérapie», explique Ioanna Keklikoglou, première auteure de l’étude.
Après avoir été sécrétés par une tumeur traitée par chimiothérapie, les exosomes circulent dans le sang. Lorsqu’ils atteignent le poumon, les exosomes libèrent leur contenu, notamment l’annexine-A6. Celle-ci stimule la sécrétion, par les cellules pulmonaires, de CCL2, une autre protéine qui attire les cellules immunitaires appelées monocytes.

Cette réaction immunitaire peut être dangereuse. Des études antérieures ont montré que les monocytes peuvent faciliter la survie et la croissance des cellules cancéreuses dans le poumon, ce qui constitue l’une des premières étapes de la métastase. «En bref, notre étude a identifié un nouveau lien entre la chimiothérapie et la métastase du cancer du sein», explique Michele De Palma.
Les chercheurs ont trouvé des quantités accrues d’annexine-A6 également dans les exosomes de patientes recevant une chimiothérapie néoadjuvante pour un cancer du sein, ce qui corrobore les données obtenues en laboratoire. Michele De Palma met toutefois en garde contre les conclusions hâtives: «Cette observation tend à confirmer la portée de nos résultats, mais pour le moment nous ignorons si l’annexine-A6 a un quelconque effet prométastatique en cas de cancer du sein chez l’humain.»


Nik Papageorgiou