EPFL Magazine N° 23

ÉDITO

Les universités, creuset idéal d’un monde durable / Universities are a hotbed of sustainable living


CAMPUS RESPONSABLE

Les universités prennent leurs responsabilités

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Quel que soit le chemin, chaque pas compte


«Je ne me suis jamais sentie discriminée»


ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Produire plus d’énergie solaire en hiver grâce à la neige

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Chimiothérapie: les tumeurs contre-attaquent


Des bateaux de croisière qui consomment moins d’énergie


Un robot reproduit la démarche d’un animal fossilisé


INTERVIEW

Anne Mellano, actrice de la mobilité de demain

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VU ET ENTENDU SUR LE CAMPUS

A l’ancienne

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CAMPUS

Nomination de professeurs à l’EPFL

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«Aujourd’hui, le Smart Living Lab a une réelle opportunité d’impact international»


L’EPFL dépoussière les travaux pratiques


CAMPUS

En quête de talents pour l’alimentation de demain

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Une deuxième vie pour les anciennes tenues de pompier


Pour veiller à la santé des employés


Tame scientific information and scholarly communication


Venez découvrir l’intérieur de votre tête


Les start-ups de l’EPFL ont levé 217 millions de francs en 2018


Les jeunes pousses de l’EPFL soutenues par Venture Kick cartonnent


Comment rendre une épicerie plus efficace ?


Des entrepreneurs-étudiants de l’EPFL se distinguent à Zurich


Cinq premiers projets sélectionnés


Act for Change Food: 1200 participants et des résultats concrets


La nature à l’équilibre


Docteur Gab’s: le succès à la pression


LECTURE

La sélection des libraires

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CULTURE

Thomas Dutronc, Oumou Sangaré et Jacob Banks au prochain Cully Jazz Festival

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ArtLab symposium will combine culture, computation and creativity


Festival Ludesco 2019


L’Entre-monde


AGENDA

Les événements à venir


ÉVÉNEMENTS

Les points forts des 50 ans de l’EPFL

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«Je ne me suis jamais sentie discriminée»

A l’EPFL depuis… 30 ans



Kristin Becker Van Slooten, représentante des assemblées d’école EPFL et ETHZ au Conseil des EPF et responsable de projet à l’Egalité des chances

«Cela fait très longtemps que je suis à l’EPFL, je n’ose presque pas le dire, c’était en 88. Je suis arrivée pour suivre un cours postgrade en sciences de l’ingénierie et de l’environnement qui, à l’époque, était un des seuls proposés en Europe. J’avais fait des études de biologie à l’Université de Genève et je voulais absolument m’investir dans le domaine environnemental. Après mon travail de diplôme à Berne, je me suis inscrite à l’EPFL. Je suis arrivée en automne, il faisait gris, je voyais ces bâtiments gris et je me suis dit que je n’allais jamais pouvoir rester ici tellement c’était gris. Et puis, j’ai découvert SAT et j’ai bien vu que le campus était très vivant.
J’ai enchaîné avec une thèse, terminée en 1994. J’étais la première femme dans mon labo à avoir accompli cela, puis j’ai fait de la recherche et de l’enseignement, j’ai constitué mon propre groupe de recherche. Je pense être une des seules à avoir fait partie de tous les corps, des étudiants puis corps intermédiaire, corps des enseignants et, depuis 12 ans, je suis dans le corps administratif et technique. J’ai l’impression que je peux utiliser mes compétences dans bien des domaines.
Je ne me suis jamais sentie discriminée et je n’ai pas la sensation de n’avoir pas pu accéder à un poste parce que je suis une femme. J’ai quand même connu le «paternalisme » de certains professeurs qui voulaient me prendre sous leur aile et m’expliquer comment ça fonctionnait. Ils n’auraient jamais fait cela avec un homme.


Je suis d’origine allemande et le fait de parler plusieurs langues m’a beaucoup aidée dans ma carrière. J’ai d’ailleurs vécu l’arrivée de l’anglais à l’EPFL et la résistance de certains professeurs qui critiquaient Patrick Aebischer. Ses anglicismes et ses idiomes anglais agaçaient. Avec le temps, de plus en plus de chercheurs ne savaient pas le français et enseignaient en anglais. Heureusement, car en français ils étaient incompréhensibles.»

«Développer l’Ecole dans la durabilité était un projet faramineux»

A l’EPFL depuis… 23 ans


Philippe Vollichard, responsable du développement durable à l’EPFL depuis 1995

«J’ai passé mes cinq premières années à l’EPFL au CAST, le Centre d’appui scientifique et technologique. C’était les débuts de l’innovation, des start-ups et spin-offs, et je m’occupais de l’euro guichet, où je donnais l’information aux chercheurs qui désiraient participer aux programmes européens de recherche.

Parallèlement, je militais dans des groupes informels sur la gestion environnementale. Puis, j’ai travaillé sept ans comme adjoint du doyen de STI, ce qui m’a permis de comprendre les rouages de l’Ecole. Ensuite, j’ai proposé le projet d’accompagnement de la durabilité dans tout le développement de l’Ecole, ce qui était un projet faramineux à l’époque. C’est ainsi que cela a commencé en 2007 avec notamment le parc solaire.
Et puis, il y a le projet de la ferme urbaine qui sera développé sur notre terrain de Bassenges. J’adore ce projet, à la porte du campus, qui se réalise encore une fois dans un esprit d’exemplarité. Tout le monde pourra comprendre que l’alimentation, les cycles courts, la production bio apportent un bout de solution pour l’avenir de cette planète.»
J’ai une formation d’ingénieur forestier et j’ai toujours en moi ce lien indéfectible avec la nature. Deux projets me tiennent aujourd’hui particulièrement à cœur. D’abord recommencer un plan d’arborisation du campus. J’ai eu la chance de retourner à la pépinière située au nord de Lausanne pour choisir une trentaine de grands arbres qui ont été plantés à la fin de l’année dernière et seront là pour le cinquantième. En les choisissant, j’ai retrouvé ce feeling: on scrute les arbres et on essaie de comprendre ce qu’ils nous disent. Les aménagements extérieurs et la biodiversité me permettent de me retrouver très près de ma formation de base.

«Trouver le bon équilibre entre travail et famille»

Etudiante aujourd’hui. Et à 50 ans?


Diane Bernard-Bruls, 22 ans, française, en Master en génie chimique et biotechnologie, présidente de l’AGEPoly

Comment t’imagines-tu à 50 ans? 

Quand j’aurai 50 ans, j’espère avoir un poste à responsabilités avec des défis à relever tout en ayant une vie de famille épanouie. Mon objectif serait de trouver le bon équilibre entre les deux.

Et ton domaine professionnel? 

J’espère qu’à cette époque-là la biotechnologie aura pris le pas sur les méthodes classiques utilisées dans l’industrie chimique. C’est un domaine qui me passionne beaucoup et qui offre des possibilités plus écologiques que les pratiques actuelles. Je souhaiterais qu’à l’avenir on se tourne vers des méthodes plus propres, moins gourmandes en énergies et qui produisent moins de déchets. Les problématiques du développement durable ne peuvent pas être ignorées. C’est à chacun de nous de prendre ses responsabilités, chacun à son échelle. Nous sommes d’autant plus responsables ici à l’EPFL, où on acquiert de nouvelles connaissances et développe de nouvelles technologies. Il ne reste plus qu’à les mettre à profit et les utiliser intelligemment. 

Comment imagines-tu l’EPFL dans 50 ans? 

J’espère que l’EPFL sera tout aussi dynamique et internationale qu’aujourd’hui. Qu’elle aura gardé sa créativité, son innovation et toute l’énergie qu’elle a actuellement. Qu’elle ne se sera pas assise sur ses lauriers, mais qu’elle aura continué sur sa lancée.


Propos recueillis par Nathalie Jollien

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Agenda des événements

Semaine de la durabilité

La Semaine de la durabilité s’inscrit cette année dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de l’EPFL. Organisée conjointement dans 24 universités de 12 villes de Suisse depuis sept ans, elle a pour but de sensibiliser les étudiants et étudiantes à la «culture du durable» et de proposer des versions écoresponsables à nos actions du quotidien. La Semaine de la durabilité propose balades, séances de méditation, workshops, tables rondes et projections de films.
Soirée d’inauguration sur le thème «System change, not climate change»:
jeudi 28 février à 18h30 à l’Unil, Amphimax 350.


Date: du 4 au 8 mars
Lieu: campus UNIL-EPFL
Infos: unipoly.epfl.ch/semaine-durable




Journée internationale des femmes 

L’EPFL Alumni et le Bureau de l’égalité célèbrent la Journée internationale des femmes, le 8 mars, sous le signe du 50e anniversaire de l’EPFL. L’événement fera revivre «50 ans de femmes EPFL», au travers du regard de cinq générations de femmes diplômées EPFL: Irina du Bois (CH’70), présidente de la Fondation Pierre du Bois pour l’histoire du temps présent; Laure de Trentinian (MA’85), Head of Academy & Innovation, Airbus; Leila Schwery Bou-Diab (CH’99), VP Value Chain Management, Johnson & Johnson; Claudia de Rham (PH’01), Professor of Theoretical Physics, Imperial College London, et Anne Mellano (GC’12), Co-Founder & VP of Operations, Bestmile.
Barbara Haering, membre du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales, donnera également un état des lieux et sa vision de l’importance des femmes dans le contexte du domaine des EPF et des sciences.


Date: 8 mars 2019, de 17 à 21 h
Lieu: Forum Rolex
Infos: entrée libre, mais sur inscription go.epfl.ch/IWD19

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