EPFL Magazine N° 26

ÉDITO

Un défi fondamental


ENSEIGNEMENT

Repenser la formation pour cultiver la soif d’apprendre

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Go-Lab pour encourager l’enseignement des sciences à l’école secondaire


Les cahiers programmables, flexibles et stables


«L’enseignement est tellement important qu’il doit être plus valorisé»


50 ANS DE L’EPFL

«Je me souviendrai toujours de mon examen de thèse, un des bons moments de ma vie»


VU ET ENTENDU SUR LE CAMPUS

Combat de sumos amateurs

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ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Un laser compact pour détecter les polluants

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Des algorithmes pour faciliter les inventaires forestiers


Une start-up se lance dans le nettoyage de l'espace


Détecter les maladies depuis chez soi grâce à la photonique


INTERVIEW

Klaus von Klitzing: Using fundamental science to measure our world

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50 ANS DE L’EPFL

Scientastic vous invite à Sion pour un week-end au cœur du numérique

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Revoilà la fête du campus


CAMPUS

ConneXion helps foreigners feel more at home in Switzerland

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Quel avenir pour nos terrains agricoles?


L’EPFL Extension School offre des bourses


La face cachée des objets


Bon appétit!


«La première image de trou noir, c’était il y a 40 ans»


La Junior Entreprise EPFL, actrice de la formation des étudiants


Un MOOC pour les assistants doctorants à l’enseignement


Groundscape(s)


Un rallye humanitaire entre Lausanne et la Mongolie


Lausanne Racing Team dévoile sa voiture de course électrique


L’AGEPolytique, porte-parole de la communauté étudiante


Quand la physique fait son show


«Au Scrabble, l’esprit mathématique prime sur le littéraire»


LECTURE

La sélection des libraires


CULTURE

Entre le Musée de l’Elysée et l’EPFL, l’heureuse rencontre de l’art et de la science

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Voyage à travers trois siècles de Park Systems


Printemps de La Grange


Les événements à venir


ÉVÉNEMENTS

Les points forts des 50 ans de l’EPFL

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ENSEIGNEMENT

«L’enseignement est tellement important qu’il doit être plus valorisé»

Coup de fil à Martin Vigild, membre de l’Académie danoise des sciences techniques et ancien président de la Société européenne pour la formation des ingénieurs. Ce détenteur d’un doctorat en physique des polymères à l’Université de Copenhague est particulièrement impliqué dans les réflexions européennes touchant aux réformes de la formation des ingénieurs.

 

Que pensez-vous de l’EPFL?

L’EPFL est une excellente école. Elle est dynamique, ses MOOCS sont connus dans le monde entier et ses enseignants disposent d’un très bon soutien pédagogique. Par contre, il ne faut pas se contenter de faire une journée dédiée à l’éducation tous les 50 ans (rires). Il en faut une tous les ans.

 

En matière d’éducation justement, quels sont les défis pour la formation des ingénieurs?

Les universités et les hautes écoles doivent s’approprier les 17 objectifs de l’Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable, car les ingénieurs ont un réel impact sur l’évolution de la société. C’est pourquoi il est nécessaire de développer l’attractivité des études d’ingénieur, auprès des filles comme des garçons. Nous ne devons pas penser en termes de genre mais de centres d’intérêt.

Un des défis est aussi de former les ingénieurs de manière à ce qu’ils puissent utiliser leurs connaissances et compétences dans des métiers et domaines qui n’existent pas encore. Leur apprendre à travailler en équipe, à être créatifs, à avoir le courage de s’attaquer à des problèmes complexes.

De quelle manière procéder pour rendre les études d’ingénieur attractives?

Nous devons éveiller l’intérêt pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) dès l’école primaire, encourager les enfants à comprendre le monde qui les entoure. Ne pas simplement enseigner qu’une montagne est plus grande que l’autre, mais expliquer pourquoi elle est plus grande.

 

Que pensez-vous de l’évolution de la formation en ingénierie ces dernières années?

Comme dans l’éducation en général, presque rien n’a changé. Nous devons utiliser les nouvelles opportunités numériques pour améliorer la formation des ingénieurs, mais nous devons faire attention à ne pas enseigner en fonction de ces nouvelles opportunités.

 

Comment tirer parti de ces nouvelles opportunités?

Les études montrent que lorsqu’il n’y a pas d’interaction entre l’enseignant et l’étudiant, l’apprentissage se fait moins bien. Il faut imaginer de nouveaux types de cours, arrêter les cours ex cathedra qui sont une perte d’espace et de temps. Le modèle de la classe inversée est intéressant à condition que l’étudiant fasse le travail nécessaire de son côté, or l’on observe que cela n’est pas toujours le cas. Nous devons donc l’encourager dans ce sens, lui démontrer que sans cela il ne peut pas suivre le cours. Nous devons faire du hackschooling, innover, tester de nouveaux modèles en matière d’éducation et réfléchir avec le corps étudiant. Le problème est que ce n’est pas en se concentrant sur l’enseignement que les professeurs vont obtenir une reconnaissance.

 

Qu’entendez-vous par là?

Actuellement, les professeurs sont essentiellement évalués et engagés par rapport à leurs recherches et leur capacité à obtenir des fonds. L’enseignement est tellement important qu’il doit être plus valorisé.